Miniature originale : Finary – vidéo YouTube du 18 janvier 2026: Miniature YouTube sur la retraite à 75 ans, avec deux hommes exprimant sérieux et surprise, et des icônes liées à l’épargne et aux revenus.

Finary m’a passé au crible!

Retour sur mon analyse de patrimoine avec Mounir (Finary)

La video que j’annonçais plus tôt ce mois-ci a bien été diffusée ce 18 janvier 2026 sur Youtube. Allez jeter un œil à ce post pour comprendre la genèse du truc et, si vous n’avez pas encore vu la vidéo, il sera plus intéressant pour vous d’aller la visionner d’abord avant de lire la suite :

@Finary — 40 ans d’intérêts composés perdus : il vise une retraite à 75 ans – Analyse de patrimoine

Ce billet sera donc un débriefing détaillé des points les plus importants abordés lors de notre échange. Pour info, le montage final est de vingt-six minutes environ sur un tournage d’une heure. J’espère que ce billet pourra aider à clarifier des points utiles.

Voici qui résume la suite de votre lecture :

  • Le résumé des points importants que je vais détailler
  • Ma perception des suggestions de Mounir et l’application que j’en fais
  • Ma perception de la perception des autres (frictions et non-dits)
  • Réponses aux principaux (types de) commentaires sous la video

Ce débriefing n’est pas qu’un exercice pour la forme : il me servira aussi de nouvelle balise pour remettre de l’ordre, arbitrer, et faire évoluer mon patrimoine.

Carte de lecture — sujets abordés

Plutôt que de retranscrire la vidéo, je propose ici une carte de lecture des sujets que nous avons abordés, dans l’ordre de l’échange. Ce sont les clés de ce que je développe ensuite.

Profil personnel, trajectoire de vie et contexte
Le profil analysé dans la vidéo est le mien : Canadien de 60 ans, installé en France depuis 25 ans. Pendant presque toute cette période, j’ai travaillé comme consultant informatique, d’abord en tant qu’expatrié, puis sous contrat en CDI en tant que résident fiscal.

Mon parcours d’optimisation de mes finances personnelles débute autour de 2016, tandis que mes investissements réellement structurés ne commencent qu’à partir de la fin de l’année 2021.

Au moment de la rédaction de ce débriefing, je suis en rupture conventionnelle et engagé dans une phase de transition professionnelle, avec l’objectif de développer une activité indépendante.

Ce parcours tardif et non linéaire explique en partie pourquoi certaines approches patrimoniales classiques ne s’appliquent pas toujours mécaniquement à ma situation. En revanche, il repose sur un budget optimisé, une discipline de vie solide et une capacité à tenir des choix contraignants sur la durée — y compris lorsque le contexte personnel ou professionnel se complique.

Patrimoine global, note Finary et rapport à l’investissement
Sans vouloir spoiler la vidéo, Mounir m’a attribué un score de 79/100 selon sa grille d’évaluation. J’ai trouvé ce score à la fois généreux et étrange.

Généreux, parce qu’en l’absence d’une pénalité de 15 points liée à l’utilisation récente de mon matelas de sécurité, la note aurait mécaniquement été plus élevée (93/100). Étrange, parce que cette lecture très favorable donnait l’impression que la situation était globalement saine et stabilisée, ce dont je doutais fortement.

Ce doute tient au fait que mon patrimoine actuel, encore modeste, s’est en partie construit sur des choix initiaux risqués ou peu recommandables, dont les traces restent visibles dans mon portefeuille : épisodes de FOMO, achats impulsifs, changements de stratégie successifs.

Enveloppes, supports, outils… et contraintes bien réelles
Je n’avais pas rangé ma chambre lorsque Mounir est entré pour l’inspection. Même si, à mes yeux, mon assurance-vie, mon PEA et mes deux comptes-titres ordinaires (CTO) me semblent plutôt propres, j’ai tout de même laissé à la vue quelques vieilles chaussettes à ranger ou à jeter.

Les supports que j’alimente aujourd’hui en priorité me paraissent globalement cohérents avec ma situation et mes objectifs du moment, tout en restant ouverts à l’optimisation. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont conduit à solliciter Finary pour cette analyse.

La discussion porte donc à la fois sur les supports « classiques », mais aussi sur ceux que je n’avais pas envisagés, ou que je ne connaissais pas encore, et pose une question centrale : quels supports méritent réellement d’être conservés, lesquels doivent être simplifiés, et lesquels n’ont plus de raison d’être.

Fiscalité, arbitrages et pistes d’optimisation
La discussion ne s’est pas limitée aux solutions classiques comme le PEA. Elle a aussi ouvert la porte à des mécanismes que je n’avais jamais envisagés — ou que je comprenais mal. Certaines pistes demanderont du temps pour être étudiées ; d’autres se heurteront probablement à mes contraintes personnelles ou fiscales.

J’ai notamment eu une petite épiphanie avec l’explication des arbitrages fiscaux permettant de faire jouer les moins-values contre les plus-values — un mécanisme simple, mais structurant, à considérer dans toute gestion d’actifs boursiers.

Comme pour le choix des supports, la question n’est donc pas de tout appliquer mécaniquement, mais d’identifier ce qui peut réellement s’adapter à ma situation, à mes objectifs et à mon horizon.

Actifs atypiques, erreurs formatrices et pilotage dans le temps
Nous n’avons pas éludé la crypto ni les investissements atypiques. GoMining a récemment fait son entrée dans mes supports, et je partage également mon enthousiasme sur Sumeria.

Cette partie aborde aussi la raison qui structure aujourd’hui mon portefeuille : une logique de long terme dans laquelle j’accepte de sacrifier un peu de performance pour privilégier, dans la durée, une organisation plus simple et plus prévisible, limitant le besoin d’arbitrages actifs.

Mind map illustrée présentant la carte de lecture de l’article : profil personnel, patrimoine, enveloppes d’investissement, fiscalité et actifs atypiques.

Mettre de l’ordre dans ce bordel

Introduction

En regardant la vidéo ou en parcourant les commentaires, une idée revient en boucle : il faudrait mettre de l’ordre.

Arbitrer, simplifier, transférer, optimiser.

Le diagnostic n’est pas faux. Mais il mérite d’être précisé.

Ce qui donne aujourd’hui une impression de désordre n’est pas le fruit d’une stratégie confuse, mais d’un historique long, imparfait et assumé : anciens choix jamais soldés, comptes laissés ouverts, décisions prises dans des contextes très différents de celui d’aujourd’hui.

Supports patrimoniaux multiples et désorganisés illustrant un historique d’investissements hétérogène

Avant de chercher l’allocation optimale, j’ai donc besoin de répondre à une question plus simple — et plus honnête : qu’est-ce qui mérite encore d’exister dans ce portefeuille, et pour quelle fonction ?

Cette section ne vise pas à tout régler d’un coup. Elle sert à identifier ce qui doit être traité en priorité, ce qui peut attendre, et ce que je choisis volontairement de conserver — même si ce n’est pas optimal sur le papier.

Simplifier et harmoniser le portefeuille (PRIORITÉ!)

Comme un ado dans son univers, la présence de vieux trucs qui traînent ne me gêne pas tant que je ne les vois plus. Des lignes héritées d’anciens choix, des comptes ouverts puis laissés en jachère, des rappels silencieux de conneries passées. Rien de dramatique, mais beaucoup de bruit.

Dans les faits, la part de mon portefeuille qui travaille réellement aujourd’hui est assez simple : un bloc immobilier, un bloc crypto, et un bloc fonds et actions.

La stratégie, elle, est lisible. Ce qui l’est moins, c’est l’historique qui continue d’apparaître à l’écran.

Dans chacun de ces tiroirs subsistent des actifs laissés de côté sans avoir encore pris la peine de les solder. En arbitrant ces lignes qui ne me séduisent plus, je pourrais sans difficulté diviser par deux le nombre de positions visibles, sans changer la nature du portefeuille.

La première étape du ménage est donc évidente.

Retirer les comptes que je n’utilise plus réellement, comme eToro, qui n’a aujourd’hui plus aucune fonction dans l’ensemble.

Trade Republic, que je ne souhaite plus alimenter, reste pour l’instant en place. Il s’agit d’une poche facilement mobilisable, dont l’avenir n’est pas figé et qui pourra servir de source de réallocation vers d’autres supports si le contexte devient plus favorable.

D’autres enveloppes, comme le PEE ou le PERECO, relèvent d’une logique différente. Elles ne seront plus alimentées, leurs performances passées ne justifient pas d’y consacrer davantage d’énergie, mais elles ont vocation à rester en sommeil. Sauf changement de contexte — nouvel employeur, abondement externe ou cadre réellement plus favorable — je ne compte ni les développer ni les optimiser. Elles continueront d’exister en arrière-plan, sans impact ni sur la stratégie ni sur les décisions à venir.

La deuxième étape concerne la cohérence interne des supports.

Je m’étais fixé des règles simples — du « franco » sur le PEA, de l’européen sur Degiro, du nord-américain sur IBKR — mais, à l’usage, elles ne sont pas strictement respectées. On retrouve les mêmes types d’actifs sur plusieurs enveloppes, parfois sans justification claire.

Avant même de chercher à optimiser quoi que ce soit, il y a donc un travail basique à faire : vérifier si ces règles ont encore un sens, et soit les appliquer réellement, soit les abandonner franchement.

Ce ménage n’a pas pour objectif de rendre le portefeuille joli ou conforme à une grille idéale. Il vise à retrouver une lecture claire, à réduire le bruit inutile, et à faire apparaître ce qui compte vraiment.

La simplification est ici un préalable indispensable, pas une fin en soi.

Entre robustesse et performance, mon cœur balance

Pont suspendu en bois et en corde illustrant un choix de robustesse et de continuité dans la durée

Pour schématiser encore, je vais en effet suivre les recommandations de Mounir pour vider le placard des encombrants et des boîtes vides qui ne servent plus à rien mais, je vais conserver, pour l’instant en tous cas, ces trois belles étagères que sont le PEA — qui va quand même peut être devoir être migré chez un autre fournisseur pour des motifs d’UX — et mes deux CTO IBKR et Degiro.

Je vais rester fidèle à IBKR car ne sachant pas de, ou sur, quelles places boursières j’aurai besoin de transiger autre chose que des ETF dans le futur, je sais que IBKR pourra répondre à tout mes besoins, surtout si ça concerne l’Amérique du nord. Je sacrifie un peu de frais pour m’assurer d’avoir toujours sous la main ce CTO polyvalent et puissant. Ce biais pour la robustesse ne vient pas de la théorie mais plutôt d’une adaptation à des expériences concrètes.

Dans des univers autres que les investissements boursiers, j’ai eu plusieurs fois dans ma vie l’expérience d’interfaces indisponibles à des moments cruciaux ou qui disparaissent pour de bon obligeant à transférer des outils de travail ou même à abandonner les revenus mis en place avec effort. Parfois, ce sont les entreprises qui modifient brusquement les règles du jeu et le plus souvent, c’est l’utilisateur qui est perdant. Les pros de la création de contenu sur les réseaux sociaux devraient pouvoir donner mille fois plus d’exemples vécus qui appuient ce que j’écris là.

Il y a longtemps, avant un périple européen à vélo, j’avais mis en place une solution qui me rapportait des revenus mensuels sympathiques. J’en étais très heureux car ça allait pouvoir m’aider à faire durer le plaisir comme je le souhaitais. La veille de mon départ, l’unique plateforme où j’avais déployé mon bazar, est devenu complètement chaotique et ça a duré des mois au point de réduire les revenus à presque rien, soit quelques euros par mois. Je n’ai pas pu régler ce problème durant le périple — les PC tours et écrans d’alors se transportaient moins bien que les smartphones ou les tablettes/laptops d’aujourd’hui. À mon retour des mois plus tard, j’ai pris tout mon contenu et je l’ai déployé sur une dizaine d’autres plateformes pour me protéger d’une mésaventure semblable dans le futur.

Les plateformes que je privilégie aujourd’hui sont extrêmement robustes et ont un track record qui donne envie de leur confier nos chats. Je sais bien qu’ils sont, comme les autres, sujet à des problèmes mais pour eux, le risque est déjà beaucoup moins important et les chances qu’ils se vautrent en même temps sont infimes. Pour m’assurer d’avoir toujours accès à au moins un de mes supports, où que je sois, Je ne vais pas me passer de cette robustesse.

À échanger : matelas de plume contre sommeil de plomb

Cette allusion à une célèbre formule de Pierre Dac et à ses problèmes de sommeil me sert à confirmer ce qui est dit dans la vidéo : la gestion du matelas de sécurité est un pilier très bancal chez moi.

J’alimente tous les mois mon LDDS en DCA et depuis le début, chaque fois que j’ai atteint cinq ou six mille euros, il m’est tombé un truc dessus qui me fait l’utiliser : décès, gros achats urgents, dépannage, …

La vidéo a été tournée en décembre juste après que j’ai eu à l’utiliser à plus de 80% en octobre et en novembre. Il doit donc être reconstitué en priorité.

Le message à retenir ici n’est pas que je fais la promesse de m’en occuper. C’est plutôt que j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises depuis quelques années de constater à quel point un matelas de sécurité est vital. Je n’ose imaginer la merde dans laquelle je me serais mis si j’avais dû affronter les mêmes événements à l’époque où je vivais de paye en paye, sans aucune protection financière.

Un homme assis sur un matelas flottant sur une eau agitée, illustrant le rôle du matelas de sécurité pour rester à flot financièrement.

Donc si la vie continue à m’obliger à ponctionner des sommes similaires, il faudrait que je double cette poche pour essayer de la tenir vers les douze mille euros. Je pense que mon indemnité de rupture conventionnelle va servir à régler cette question.

Mounir a parlé de maintenir douze mois de dépense. Dans un contexte de CDI ou de prestations garanties de chômage (ARE), je ne pense pas avoir besoin de me sécuriser à ce point. Si par contre je parviens à mettre en place un statut de travailleur autonome indépendant — mon visa ne me le permet pas encore aujourd’hui — 12 mois devient en effet un minimum.

Cette enveloppe est donc un sujet à arbitrer de manière très régulière. Elle doit être réadaptée en permanence pour bien jouer son rôle.

Assurance-vie : arbitrage en cours, ligne rouge claire

J’ai une relation étrange avec cette assurance-vie. Peut-être que ce sentiment ne vous est pas totalement étranger.

C’est avec elle que j’ai fait mon premier pas dans l’investissement mobilier. Ne sachant pas par où commencer, j’ai passé des jours — si ce n’est des semaines — à chercher un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPi), que j’ai finalement trouvé via une plateforme de mise en relation.

J’avais naïvement cru trouver un formateur. Cinq cents euros plus tard, et quelques semaines après, j’étais surtout détenteur d’une nouvelle assurance-vie. J’avais certes appris quelques concepts, mais quand j’ai commencé à parler d’investissements en bourse hors assurance-vie, le message a été clair : je pouvais jouer un petit montant à côté, mais ce n’était clairement pas la voie qu’il comptait suivre avec moi.

Cette assurance-vie avait malgré tout un rôle précis : permettre une transmission minimale à un bénéficiaire qui ne fait pas partie de mes héritiers légaux. Faute d’avoir trouvé, à ce jour, un notaire prêt à m’accompagner sérieusement sur un testament, elle remplissait au moins cette fonction.

À la suite des échanges avec Mounir, j’ai été très réceptif à l’idée de revoir en profondeur l’allocation, en transférant autant que possible les unités de compte vers des supports ETF au sein de l’assurance-vie. J’ai contacté mon CGP à ce sujet. Comme prévu, ça a un peu tiqué. J’attends maintenant un retour concret sur ce qui peut être proposé.

Le point le plus dérangeant — et j’en parle dans la vidéo — est ce sentiment étrange, proche d’un petit syndrome de Stockholm. Non pas parce que je serais convaincu du bien-fondé du produit, mais parce que j’ai du mal à m’en détacher. À cela s’ajoute parfois une impression plus insidieuse : devoir justifier auprès de l’assureur mes demandes d’arbitrage, qu’il a tendance à ignorer.

Aujourd’hui, cette assurance-vie affiche des frais clairement disproportionnés au regard des montants qu’elle véhicule.

Ma ligne rouge est simple : soit cette assurance-vie peut être ramenée à une structure majoritairement ETF avec des frais acceptables (autour de 1 %), soit elle n’a plus vocation à rester en l’état dans mon dispositif. Ils doivent me revenir avec une proposition cohérente. À défaut, un transfert vers une assurance-vie en ligne ou un autre support sera enclenché.

Fiscalité : moins-values vs plus-values

La petite épiphanie de la vidéo, que seul un commentateur semble avoir vécue lui aussi, arrive à 22:50.

Mounir me suggère d’apprendre à jongler avec les plus-values et les moins-values.

C’est un mécanisme que je découvrais, et que je n’avais jamais vu réellement abordé sur les forums ou dans les tutos vidéo. Je ne l’avais donc jamais considéré.

L’idée est simplement de réduire l’impact de la flat tax en compensant fiscalement des plus-values par des moins-values réalisées, afin de n’être imposé que sur un résultat net. C’est vraiment un sujet qui mérite d’être compris et maîtrisé. Je ne le détaillerai pas ici aujourd’hui, mais je vais préparer un sujet à part pour développer tout ça avec des exemples concrets.

Ce point de l’échange révèle surtout l’importance de se former en continu sur ces sujets. Il ne faut jamais se contenter des premiers apprentissages en pensant qu’ils resteront toujours adaptés. Cette technique ne devient pertinente qu’à partir du moment où le portefeuille commence à s’étoffer. Si on t’en parle trop tôt, tu te diras — à juste titre — que ça ne te concerne pas.

SCPI en nue-propriété : sujet à creuser

Voilà une des suggestions principales que je vais devoir creuser. Je connais le principe des SCPI, mais beaucoup moins leurs déclinaisons, et en particulier la nue-propriété.

Je vais donc regarder ça de plus près pour déterminer si c’est une bonne ou une mauvaise idée dans mon cas précis. Le sujet m’intéresse clairement, mais je n’en suis pas encore au stade où je peux me prononcer.

Ça fera très probablement l’objet d’un article à part, dès que je maîtriserai mieux le sujet.

Conclusion

Voilà ce qui conclut l’essentiel des suggestions issues de la vidéo.

Que ce soit dans l’échange avec Mounir ou dans les commentaires, j’ai constaté quelques décalages — parfois légers, parfois plus marqués — entre ma situation réelle et la nature de certaines réactions ou conseils formulés.

Rien qui m’ait offusqué. Mais suffisamment remarquable pour s’y attarder dans ce qui suit.

Le fossé : conseils des calés

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire l’ensemble des réactions sous la vidéo, positives comme négatives. Elles sont souvent révélatrices. J’y reviendrai plus en détail dans la section suivante.

Illustration en noir et blanc d’un homme serein observant un mur couvert de post-it, symbolisant la diversité des commentaires et des points de vue.

Ce que je souhaite aborder ici est plus général : le décalage — parfois léger, parfois beaucoup plus marqué — entre ma réalité et la perception que certains commentateurs semblent en avoir.

Parfois, ce décalage est quasi inexistant : la réaction ne vise ni ma personnalité ni mes objectifs. Mais d’autres fois, tout le reste du contenu semble disparaître, comme si une phrase ou un détail suffisait à biaiser entièrement la lecture de la vidéo.

Si je m’attarde davantage sur cette catégorie de réactions, ce n’est pas pour les pointer du doigt, mais pour souligner un mécanisme très courant : la tendance à donner, avec beaucoup d’aplomb, des conseils supposés valables pour l’autre, alors qu’ils servent surtout à se convaincre que l’on fait soi-même « comme il faut ».

Et je ne parle pas uniquement de cette vidéo. On retrouve ce travers partout : au travail, dans les cercles familiaux, dans les discussions informelles. Les conseils les plus affirmés viennent souvent de ceux qui ont le moins cherché à comprendre le contexte de l’autre, sur qui ils projettent — sans toujours s’en rendre compte — leur propre trajectoire.

Cela peut parfois prendre une forme bienveillante : « Je ne sais pas si c’est pertinent pour toi, mais voilà ce que moi je fais… »

Mais il arrive tout aussi souvent que le ton bascule dans le péremptoire : « Si tu ne fais pas comme ci ou comme ça, tu fais fausse route. »

Et évidemment, ce phénomène ne concerne pas que les non-experts. Il est même souvent plus marqué chez les professionnels : pseudo-CGP indépendants dont l’objectif réel est de vendre une assurance-vie, conseillers bancaires qui expliquent que la relation humaine justifie des frais élevés, quels qu’en soient les résultats.

Bref, ce sont des biais. Les vôtres, comme ceux des autres.

Gardez toujours en tête que ceux qui vous conseillent projettent presque toujours une part de leur propre histoire. Il est extrêmement rare qu’un conseiller prenne réellement le temps de comprendre le cheminement qui vous a amené là où vous en êtes.

Dans une vidéo qui ne montre qu’un fragment de mon profil, je suis à la fois encouragé à continuer… et invité à tout abandonner.

Qui a raison ?

Personne, évidemment.

Et dans les commentaires, ça a donné quoi ?

Pour terminer ce débriefing, revenons sur les commentaires publiés sous la vidéo dans la semaine qui a suivi. Tout (enfin, presque tout) a été bon à prendre.

J’étais préparé à lire des choses sympas comme les réactions les plus désagréables et j’ai eu beaucoup plaisir à découvrir tout ça. Je vous livre ci-dessous un résumé de tous ces retours.

Parler de soi pour … parler de soi
Une partie non négligeable des commentaires ne cherche pas tant à comprendre où j’en suis qu’à projeter une stratégie personnelle sur mon cas.

« … j’ai découvert… j’ai fait…. je souhaitedans mon cas j’ai choisi une stratégie beaucoup plus simple… »

Rien d’agressif ici. Juste un mécanisme humain classique : « …si j’étais à ta place, voilà ce que je fais/ferais…« , même quand on n’est précisément pas à cette place.

Mon âge et mon profil provoquent de la dissonance cognitive
Dans beaucoup de commentaires, l’âge devient la clé de lecture dominante. Chez celles et ceux qui en parle, cet état n’est pas qu’une donnée parmi d’autres mais la seule à considérer.

« …Investir … à 60 ans …, je trouve ça très dangereux … mais chacun ses choix… »

« … a 60 ans…il a très mal géré franchement… »

On parle des investissement à ne plus faire à 60 ans. On considère plus ou moins respectueusement qu’avec ce profil à cet âge, il n’y a plus grand chose à espérer.

Ce biais n’est absolument pas absurde mais il révèle quand même bien le fait que l’âge réussit très bien à vous faire entrer dans des cases où tout ne serait plus permis

À partir de là, beaucoup d’autres éléments disparaissent du raisonnement : le parcours, les contraintes, l’énergie disponible, l’horizon réellement choisi.

Quand le patrimoine sort du cadre et que le salaire prend toute la place
Concernant mes revenus, une chose m’a beaucoup amusé. Dans presque tous les commentaires où il en est question, le but est d’abord de d’affirmer qu’il est trop bas pour mon profil et ensuite pour…, euh, ben non en fait. C’est tout ce qui en est dit. Pas de réaction à quoique ce soit d’autre.

« …Il est étonnant ce patrimoine net à son âge et son salaire… »

« …il aurait pu avoir un salaire annuel à 6 chiffres aux USA… »

« … ridicule pour son âge au vu de son salaire… »

« …Concernant son salaire, vu son profil de consultant, il devrait être bien plus haut… »

Ici, le portefeuille n’est plus analysé. Il est disqualifié par ricochet. Après mon âge qui ne peut évidemment pas m’être reproché, le salaire devient un verdict utile pour achever de me caser quelque part. La discussion s’arrête là.

Ces commentaires m’ont « tuer ».
Ils sont peu nombreux mais il y en a. Heureusement car j’aurais moi-même pensé que la chaîne censurait les avis négatifs.

« …malheureusement il va crever avec sa tune si ça continue…. »

« …le meilleur conseil c’est de laisser tomber l’investissement… »

« …Pas très cohérent ce monsieur… »

« …il est vraiment mauvais en négociation ou alors il est mauvais consultant … »

« …il ne veut pas trop changer … il pourrait carrément optimiser ses investissements. Vraiment dommage… »

Ici, le plus souvent, la personne qui commente semble chercher à se rassurer. il n’y a plus de conseil. Plus de question. Juste une conclusion posée comme définitive.

Le pragmatisme.
Plus rarement, mais comme beaucoup de choses rares, ils ont de la valeur, il y a eu quelques commentaires très pragmatiques comme celui-ci :

« A sa place, je coffre jusqu’à 67 ans, je pars en retraite avec mes 2k de retraite, je finis de payer mon crédit pendant les 3 ans restants (quitte à piocher dans l’épargne si nécessaire et à 70 ans, appart payé, 2k de retraite + complément des investissement (tout en étant en retraite depuis 3 ans). Ca me semble hardcore de viser les 75 ans. — @stbr0125, 18/01/2026 »

J’ai adoré. Non pas parce qu’il serait « meilleur » que les autres ou qu’il aurait mieux flatté mon ego, mais parce qu’il fait quelque chose de rare et d’utile : il se met réellement à ma place, avec toutes les informations disponibles, pour proposer une stratégie de base, avec ce que j’ai pu mettre en place aujourd’hui, sans fantasmer un avenir doré.

Il prend simplement le scénario minimal au sérieux : pas d’explosion de revenus, pas de coup de génie, pas de retraite de nabab. Et il propose une trajectoire cohérente, tenable, alignée avec ce que je dis dans la vidéo et dans cet article : tenir dans la durée, sans compter sur un miracle.

Si j’avais dû choisir un CGP dans les commentaires — exercice absurde, mais révélateur — ce serait cette personne.

Pas parce que je lui donne raison. Mais parce qu’il accepte de raisonner dans le cadre réel posé.

Ce que racontent vraiment ces commentaires

Que ce soit pour ma video, les précédentes ou celles à venir sur la chaîne de @Finary, Les commentaires ne racontent pas qu’un débat sur une allocation. Ils racontent autre chose : accepter et comprendre des trajectoires non linéaires n’est jamais simple dans un univers dominé par des normes qui sont parfois des dogmes.

Entre projections personnelles, jugements statutaires et raisonnements abstraits, une même vidéo devient le support de lectures très différentes — parfois incompatibles.

Ce n’est pas un problème de conseils. C’est un problème de grille de lecture.

Conclusion

Dans ce débriefing, j’ai surtout cherché à mettre à plat ce que j’ai retiré de l’expérience — de la préparation de la vidéo avec les équipes jusqu’à la lecture des commentaires après sa diffusion. Mon futur moi est la première cible de cet exercice. S’il peut aussi être utile à d’autres, tant mieux.

De cette vidéo avec Mounir, des échanges qui ont suivi et des réactions parfois contradictoires, on peut au moins retenir qu’il n’existe pas de trajectoire patrimoniale universelle. Il existe des contextes, des contraintes, des choix imparfaits — et une nécessité constante d’arbitrer dans le réel.

Je n’ai pas cherché à apporter des réponses définitives, mais à poser des repères : identifier ce qui peut être amélioré, ce qui doit être assumé, et ce qui mérite d’être ignoré malgré le bruit ambiant.

— Darryl, janvier 2026


Liens de l’article

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